Les superhéros du doctorat

Quentin, Aurélien et Anaïs sont doctorants à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques. Ils dirigent l’association RERDH qui est présente dans le campus.


  •  Pouvez-vous vous présenter ?
Quentin : Je m’appelle Quentin Ricordel et je suis doctorant en droit public. Je travaille sur la réforme de la justice administrative face au contentieux des étrangers. Je suis également président du Réseau européen de recherche en droits de l’Homme (R.E.R.D.H.).
Aurélien : Je m’appelle Aurélien Faderne et je suis doctorant en droit public. Je travaille sur le service public universel. Je suis également vice-président du R.E.R.D.H.
Anaïs : Je m’appelle Anaïs Vanel et je suis doctorante en droit privé. Je travaille sur les dettes du couple. Je suis également secrétaire générale du R.E.R.D.H.
  • Que fait un doctorant en droit ?
Le doctorat est une formation par la recherche. Un doctorant en droit ne suit plus réellement de cours mais réalise un travail de recherche approfondi, une thèse, sous la direction d’un ou de plusieurs enseignants-chercheurs, en collaboration au sein d’un laboratoire de recherche. Plus précisément, il va s’efforcer d’identifier les problématiques juridiques inhérentes à son sujet et d’y répondre avec toute l’exhaustivité permise et un apport personnel, de telle sorte qu’il a vocation à acquérir une réelle expertise dans son champ de compétence. Concrètement, il s’agit essentiellement de lire de la doctrine et de confronter les nombreuses sources juridiques à disposition (les normes et l’interprétation qu’en donne le juge) de façon à préciser certaines notions, à interroger les normes en vigueur voire à bâtir un cadre juridique nouveau, selon le sujet.
• Travaillez-vous en parallèle du doctorat ?
Faire un doctorat est déjà un travail en soi. Beaucoup de doctorants ont un contrat de travail avec l’Université et sont rémunérés pour leur travail de recherche à divers titres (doctorants contractuels, attachés temporaires d’enseignement et de recherche, etc). À côté de leur activité de recherche, les doctorants peuvent se voir confier des activités diverses, notamment d’enseignement en assurant les travaux dirigés. C’est cependant une activité qui a vocation à demeurer résiduelle par rapport au travail lié à la thèse et à la recherche en général. Bien sûr, tous les doctorants ne parviennent malheureusement pas à obtenir le financement de leurs travaux via ce type de contrat. Ils doivent donc poursuivre une activité parallèle à la réalisation de leur thèse, ce qui est évidemment difficile à concilier et entraîne une certaine précarité, alors même que l’on impose des délais de soutenance des thèses de plus en plus courts.
  • Pouvez-vous nous parler du R.E.R.D.H. ?
Le Réseau européen de recherche en droits de l’Homme est une association créée par des doctorants de Limoges en 2009. Le Réseau a une double mission : faire de la recherche et assurer sa promotion, notamment auprès des étudiants. À ce titre, le R.E.R.D.H. a mis en place un certain nombre de dispositifs. Ainsi, nous organisons tous les ans une réunion d’information sur le doctorat afin d’en préciser les contours et d’en expliciter les enjeux et aidons les candidats à un financement doctoral à préparer l’épreuve de sélection. De même, nous avons mis en place cette année un module à destination des deuxièmes années de Droit dans le cadre du projet professionnel personnalisé. L’activité principale du R.E.R.D.H. demeure cependant la recherche en Droit, plus spécifiquement dans le domaine des droits de l’Homme. Nous organisons en effet des colloques, à raison d’un tous les dix-huit mois en moyenne. Nous en avons pour le moment réalisé six (Techniques et droits humains en 2010, Science-fiction et science juridique en 2011, Héroïsme et droit en 2013, Le droit au Bonheur en 2014, La Fraternité en 2016 et Pornographie et droit en 2017) et sommes en train de préparer le septième, qui aura lieu les 17 et 18 octobre 2019 sous le titre Dura lex, sed lex ? Cette année, nous organisons également un cycle de conférences revenant sur les thèmes des précédents colloques et cherchons à lancer une nouvelle revue, la Revue européenne de recherche en droits de l’Homme.
  • Pouvez-vous nous parler du programme des dix ans ?
Le R.E.R.D.H. a dix ans cette année, aussi nous souhaitions célébrer la longévité de l’association tout en promouvant le travail de ceux qui nous ont précédé. Dans ce cadre, nous organisons, outre le colloque Dura lex, sed lex ? et une soirée-anniversaire, un cycle conférences portant sur les colloques antérieurs et visant à développer certains points ou à souligner les évolutions du droit sur ces sujets. Il y en aura logiquement six, une pour chaque colloque, et la première aura lieu le mercredi 13 février 2019, à 17h30 en reprenant le thème du droit au bonheur pour l’aborder sous un angle particulier : le droit au bonheur peut-il être synonyme d’un droit au non-malheur ? Un programme complet de l’année sera bientôt distribué dans la Faculté, de façon que chacun soit informé de ce que nous faisons et puisse y assister.
  •  Quelle est la relation entre le doctorat et le R.E.R.D.H. ?
Le doctorat est la porte d’entrée dans le R.E.R.D.H., même si les étudiants de M2 sont les bienvenus. Le Bureau et le Conseil d’administration, qui sont les organes dirigeants de l’association, sont exclusivement composés de doctorants mais l’association compte parmi ses membres plusieurs enseignants-chercheurs.
  • Pourquoi avez-vous voulu vous engager sur ce plan ?
Nous faisons le constat d’un réel besoin pour les étudiants de mieux connaître les poursuites d’études en doctorat et la recherche en général. Le R.E.R.D.H. remplit ces missions tout en permettant aux doctorants de collaborer sur des projets scientifiques, ce qui permet de briser l’isolement auquel la thèse, travail solitaire par excellence, peut aboutir. Au-delà de cela, et à titre plus personnel, nous avons tous la conviction profonde que le doctorat ne doit pas se limiter à la réalisation d’une thèse mais doit également permettre de découvrir tous les aspects de la recherche, notamment à travers l’organisation de manifestations scientifiques et de travaux de publication.
  • Propos recueillis par Lana Rouilhes et Johanna Gauduffe (Service Communication FDSE)